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Rejoignant la Loire près d’un pont au centre d’une cité active, enjambé par une nationale et une autoroute, le Havre, si bien nommé, semble pourtant somnoler à l’écart du siècle dans une paix bucolique. Il étire son ruban d’eau au milieu d’un val boisé entre prairies et roselières, étangs dormeurs sous de grands arbres. Avant que n’apparaisse la haute tour médiévale dont il baigne presque le pied, on le dirait coulant dans un autrefois incertain qu’aucune perspective ne situe et que le songe aisément peut colorer de légende. Du moins l’ai-je découvert tel un jour de décembre à peu près au moment où je repérais dans un disque des Petits Chanteurs à La Croix de Bois une mélopée de Noël nimbée de mystère et de nostalgie. Jamais peut-être jusqu’alors pour moi une musique ne s’est aussi bien attachée à un lieu. Et j’ai voulu traduire ici cet attachement...