RETOUR DE PLAGE

Philippe Moriceau

Avant-propos

Les retours à Saint-Père le dimanche soir de l'Ermitage, de Gohaud, de Tharon, du Portmain ou d'autres plages de Jade écrasées par le soleil d'août somnolent au fond de ma mémoire avec l'étrangeté de songes...

PM

Le ralentissement, quelque chose de plus lourd dans la sourdine du moteur, le cahot d’un arrêt suivi d’un redépart en virant et un mur de moellons roux glissait sous les hautes verdures d’un parc jusqu’à deux piliers de pierres blanches tranchées de briques brunes. La rue tournait alors en descendant entre des bourrines à peine plus hautes que leurs portes. Leurs façades éblouissantes tout à l’heure comme l’écume du ressac sous le soleil m’avaient semblé déjà courir vers la mer à l’ouverture reconnue de sa route. Elles s’étiraient maintenant, coupées par le bois sombre de leurs minces portes à vitres noires, d’un gris terreux sous les tuiles ternes. Je ne reconnaissais plus la rue de Pornic. Je revenais à Saint-Père par une route du dimanche soir qui n’existait qu’à ce moment-là, me faisait entrer dans un village vespéral et agreste où une boulangerie s’accrochait à un parapet troué surplombant un ruisseau, jouxtait un lavoir qui s’enfonçait dans des profondeurs de jardins. La campagne qu’on venait de quitter revenait par une trouée vaste jusqu’à un rang de peupliers dont les cimes moussaient au loin très haut dans le soleil pâli...



Philippe Moriceau, Peintures sur Jade, éditions LYS BLEU.

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